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24.01.2012

Impossible de ne pas évoquer les surprises du Rapport Laplace

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Question orale au Ministre JC Marcourt en commission de l'économie de ce 24/01/2012

 

On a pu lire, le 14 janvier dans la Libre, les déclarations du patron d'ArcelorMittal Wallonie,  Jacques Pélerin, selon lesquelles, je cite, « Liège est au centre des aciers du futur ». Il précise même que « les aciers qui ont de nouvelles fonctionnalités sont en Wallonie et surtout à Liège via des investissements réalisés par le Groupe ArcelorMittal et le CRM ». Il détaille des procédés et des procédés de fabrication qui, à la lecture de ses explications, semblent placer Liège au centre de l'avenir.

Voilà qui devrait être de bon augure pour l'avenir du froid à Liège. Le secteur du froid, et du high-tec, y auraient donc un avenir encourageant.

Pourtant, nous en sommes conscients, les investissements qui sont nécessaires à l'entretien et à la modernisation des structures de production du secteur froid liégeois se font toujours attendre.
La FGTB et la CSC tirent la sonnette d'alarme, et nous ne pouvons que rejoindre leurs préoccupations.

Pour essayer de comprendre le discours du patron d'ArcelorMittal Wallonie, nous aimerions qu'il soit en accord avec la réalité industrielle de la politique du Groupe sidérurgique.

Dès lors, avez-vous eu connaissance de perspectives d'investissements à Liège ?
Comment interpréter ce discours de la direction ? S'agit-il uniquement de communication ou un plan industriel est-il prévu ?

Par ailleurs, le 19 janvier s'est tenu le cinquième conseil d'entreprise extraordinaire de la procédure Renault enclenchée depuis l'annonce de l'arrêt de la phase liquide.
Qu'en ressort-il ?

Au sujet de la phase à chaud, l'étude de rentabilité de la phase à chaud de Liège commandée par la Sogepa (Région wallonne) aux bureaux français Laplace Conseil et Syndex est-elle à présent complète ? ArcelorMittal a-t-il transmis les données chiffrées nécessaires ?
Dispose-t-on aujourd'hui, dans les limites de la confidentialité inhérentes à ce genre de dossier, de conclusions et de recommandations utilement envisageables ?

Car il est évidemment impossible de ne pas évoquer les surprises du Rapport Laplace.

Non seulement il semble aller a contrario des positions prises deux ans auparavant, mais en plus c'est sans vergogne que son auteur étale ses conclusions dans les media avant même que le document soit officiellement disponible.

Comment ne pas s'étonner des grandes lignes du Rapport Laplace sur l'avenir de la sidérurgie liégeoise, et surtout de la manière dont s'est exprimé Marcel Genet, le Président de Laplace Conseil, sur les ondes de la RTBF ce lundi à 8h00 ?

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Il n'hésite pas à qualifier les Liégeois de « Biesses »... Voilà un argument hautement scientifique...

Selon lui, la méfiance est à la base du retrait d'ArcelorMittal et de l'absence d'investissements.
Et cette méfiance serait principalement due aux travailleurs! En ce qui concerne la direction d'ArcelorMittal, il ne semble leur concéder que des erreurs de communication... C'est léger, très léger... On est plus près de la caricature que d'un travail de qualité.

Bien sûr, cette étude ne se limite pas à ces constats. Mais ceux-ci affaiblissent sans aucun doute son sérieux et sa crédibilité.

Les investissements, selon Laplace, ne feraient défaut qu'à Liège, et il en appelle à la création d'une commission de réconciliation entre liégeois...c’est-à-dire entre syndicats, dirigeants, cadres, ingénieurs, responsables communaux, responsables de la Région, pour trouver ensemble une meilleure façon de répondre aux intentions d’ArcelorMittal.
Si il a choisi un camp, il n'est pas difficile d'identifier lequel...

Ces premiers constats et cette première recommandation étonnent, et posent de sérieuses questions sur la validité de cette étude.

Quelques constats du rapport, relevés par la FGTB, sont toutefois à signaler, comme par exemple
les retards d'investissements, les dangers de l'alimentation du froid par Dunkerque, les erreurs du plan actuel soumis au Comité d'entreprise...

Mais nombre d'erreurs sont également pointées par les représentants des travailleurs : sous-estimation des coûts environnementaux, absence d'éléments sur les investissements dans le froid, etc.

Bref, l'étude ne répond pas vraiment aux attentes.
L'étonnement prédomine, la déception aussi.

Peut-être l'étude Syndex permettra-t-elle d'apporter un autre éclairage sur le dossier de la sidérurgie ?

En attendant, nous tenons à répéter notre entier soutien aux travailleurs, qui ont consenti à de grands et douloureux sacrifices et ne méritent pas un tel traitement.

Et nous espérons qu'une analyse plus fouillée du document pourra apporter davantage d'explications.art_177437.jpg



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25.10.2011

L'évolution de l'avenir de la sidérurgie liégeoise

QUESTION AU MINISTRE JC MARCOURT EN SEANCE DE LA COMMISSION DE L'ECONOMIE DE CE MARDI 25/10

 

Tout d'abord, je veux rappeler encore une fois combien nous sommes indignés par l'annonce par Mittal de démanteler la phase à chaud liégeoise, une mise à mort que Mittal a choisi d'exécuter sans vergogne, juste après les débats que nous avons tenus dans ce Parlement il y a à peine deux semaines

Depuis, le dossier de la sidérurgie liégeoise est en évolution quotidienne.

Les déclarations d'Arcelor se sont succédées, tantôt sans appel, tantôt floues.

Les travailleurs, eux, ont réagi à ce coup du sort par une très grande dignité et avec beaucoup de courage. Ils ne se laissent pas abattre, et il est de notre devoir de les soutenir dans cette épreuve terrible.

Les actions de sensibilisation sont nombreuses, et les réunions de travail associant les forces vives de toute la région liégeoise et de la Région wallonne aux travailleurs se multiplient.

Le conseil communal de la ville de Seraing a d'ailleurs décidé de créer un fonds de soutien en faveur d'actions sociales à destination des travailleurs, et afin de financer des études destinées à envisager un avenir pour la sidérurgie à Liège.

Et en parlant d'études, j'aimerais savoir si le rapport de Laplace Conseil, autour duquel nous avons déjà pu discuter à plusieurs reprises depuis deux ans, bénéficie d'une actualisation ? Quelle est l'intention de la SOGEPA à ce sujet ?

La manifestation de ce mercredi est une action que nous soutenons tous. C'est un rendez-vous qui ne concerne pas les seuls sidérurgistes mais touche, directement ou indirectement, des milliers de familles. Ces familles sont unies, solidaires et déterminées. Nous devons être à leurs côtés.

Dès lundi passé, vous avez organisé une réunion au cabinet pour élaborer une stratégie commune entre pouvoirs publics et administrations syndicales. Les pistes possibles pour maintenir une sidérurgie intégrée ont commencé à y être débattues. Depuis, d'autres réunions se sont succédées. Pouvez-vous nous faire le point de la situation ?

Aujourd'hui, les questions qui se posent sont les suivantes :

Quel est la marge de manoeuvre du Gouvernement ?

Peut-on encore espérer faire revenir Mittal sur sa décision ?

Quelle est la possibilité de faire pression sur le groupe pour qu'il accepte de céder les outils de la phase à chaud à un éventuel repreneur extérieur ? 

Mittal ne semble pas envisager de céder l'outil dont il décide la fermeture, et ce pour maintenir artificiellement des prix élevés. Mais a-t-il pris en compte les nécessaires coûts d'assainissement du site ?

Arcelor-Mittal doit disposer d'un permis d'environnement pour pouvoir exploiter ses hauts-fourneaux. Il semblerait que celui-ci lui impose de réhabiliter le site s'il cesse ses activités. L'entreprise n'a pas fait part ni de sa volonté de vendre ses installations ni de les démonter.

Dès lors, qu'en est-il ?

 Quelles sont vraiment les obligations de Mittal en matière de dépollution  des sols ?

Peut-on, en l'état, les obliger à dépolluer 200 ha de terrain ? Le cas échéant, sur base de quelle réglementation et dans quel délai ? Pour quels montants ? En cas de décision arrêtée de fermeture sans cession, peut-on lui imposer la dépollution ?

Mais avant d'en arriver là, quelles sont les conditions pour intervenir dans une éventuelle relance ? Et comment développer au mieux un axe européen ?

Monsieur le Ministre,

La procédure Renault est désormais lancée. Nous sommes dans la phase d'information. Des contre-propositions seront possibles.

Nous ne baissons pas les bras et osons penser que tout n'est pas encore perdu, le combat risque de durer.

Car il convient d'être extrêmement attentif : si on condamne le chaud, on menace le froid. Il n'a pas fallu attendre bien longtemps pour en avoir un nouvel exemple la semaine passée. Dépendre de Dunkerque ou d'ailleurs pour l'approvisionnement, c'est dépendre d'une qualité sur laquelle nous n'avons pas de contrôle, et dépendre d'un volume de matière première qui peut être stoppé à tout moment. D’ailleurs, la direction le reconnait elle-même, dans un communiqué, je cite : « nous n’avons pas reçu toutes les matières premières de Dunkerque « .  Cette carence dans l’approvisionnement n’est pas nouvelle, rappelez-vous, je vous interrogeais déjà à ce sujet lors de la première fermeture de la phase à chaud. Ce problème récurent doit nous faire réfléchir à la pertinence économique de dépendre d’un approvisionnement aléatoire provenant d’un site situé à des centaines kms.

Rappelons que la plupart des mouvements syndicaux avaient pour origine des revendications légitimes d'amélioration des outils et du fonctionnement des usines! C'est aux manquements de la direction que les travailleurs réagissaient, de manière responsable. Il convient de rappeler cette vérité. Vérité d’autant plus tangible que les travailleurs ont dénoncé cette absence d’investissement indispensable qui à des répercussions sur la sécurité des travailleurs. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : depuis le début 2011, 65 accidents de travail ont été déplorés, dont 10 auraient pu être mortels et de dénoncer le fait que cela fait des années que l’on fait le strict minimum dans l’entretien des outils.

Le froid est l'enjeu de demain. La concentration d'unités de laminage et de produits revêtus est un atout, mais encore faut-il que la direction lui donne les moyens nécessaires. Si la ligne de galvanisation VII est performante, elle a besoin d'être dotée des éléments complémentaires nécessaires pour assurer ses performances. Quand à la ligne de galvanisation V, elle tourne à moins d'un tiers de ses capacités alors que le marché est toujours porteur mais très peu exploré. Il suffirait peut-être déjà d'y dédicacer quelques commerciaux pour la rendre plus exploitée.

Quant à Eurogal, l'outil est retombé malgré ses capacités. En cause, un manque de matières, une maintenance insuffisante, et des départs de personnel qualifié...

Ces manquements sont majoritairement dus à des incohérences de gestion. La perte de clientèle qui en découle, et donc la baisse des résultats, est évitable, mais il faut être très vigilant.

A l'échelon global, les organisations syndicales ont signalé les incohérences de l'entreprise dans la politique des achats, la gestion des flux de bobines, l'absence de contrôle des contrats externes, la gestion des mitrailles, l'externalisation de travaux plus cher qu'en interne... Leur action est constructive et mérite toute notre attention et notre soutien. Leurs analyses sont fouillées et précieuses dans l'optique de pérennisation de l'entreprise.

Alors, concrètement, Monsieur le Ministre, quelles sont les options dont vous disposez aujourd'hui ?

Une nationalisation des outils est-elle réaliste ?

Un partenariat avec un groupe industriel est-il envisageable ?

Comment garantir la pérennité du froid ? Et comment maintenir l'espoir du chaud ?

Et surtout, en cette période difficile, comment soutenir au mieux les travailleurs et leurs familles ? Car c'est évidemment à d'abord à eux que nous pensons.

Je vous remercie.

 

 

 

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24.10.2011

TOUS A SERAING CE MERCREDI 26 OCTOBRE A 10 H

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Écrit par Alain Onkelinx | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | 16:38 |  Facebook | |  Imprimer |

13.10.2011

ARCELOR-MITTAL : UN HOLD-UP

En février 2011, ArcelorMittal annonce un bénéfice net de 2,9 milliards de dollars pour l'année 2010, plus de 20 fois plus qu’en 2009. Et prévoit une année 2011 encore plus radieuse.

Mittal a bénéficié des intérêts notionnels et n’a payé que 500€ d’impôts sans compter des nombreuses autres aides reçues

Les travailleurs ont acceptés la flexibilité, les mutations, les sacrifices, les conditions de travail de plus en plus difficiles

Et au bout du compte, 525 emplois directs et probablement  plus de 2000 emplois indirects sacrifiés !

Le groupe Arcelor-Mittal a exploité tous les travailleurs et a profité du système  pour atteindre son objectif premier du profit maximum à court terme.

Un véritable scandale !

Mes premières pensées vont aux travailleurs et aux familles qui sont directement et indirectement touchées par cette décision.

Avant l’annonce de cette catastrophe j’interpellais, à nouveau, le Ministre de l’Economie JC Marcourt, en séance publique de parlement wallon pour manifester mon inquiétude sur l’avenir réservé à la sidérurgie liégeoise.

Ci dessous le texte de mon interpellation.

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07.10.2011

ARCELOR MITTAL : LA FERMETURE TEMPORAIRE EST-ELLE VOUEE A DEVENIR DEFINITIVE ?

Insupportable incertitude des travailleurs d'ArcelorMittal


Au cours de la dernière décennie, l'avenir de la sidérurgie wallonne et liégeoise n'a cessé de balancer entre espoir et sacrifices. Arcelor, ArcelorMittal... ont chacun apporté leur lot de bouleversements. Et la pression s'accroît encore davantage depuis les derniers mois.


Inutile de relater les détails de l'histoire, nous les connaissons bien. Les épisodes se succèdent et se répètent. Mais force est de constater que la tendance n'a de cesse de devenir inquiétante pour la pérennité de la sidérurgie liégeoise.
Robert Himpe, le responsable de la branche Flat Carbone en Europe, déclare que ArcelorMittal ne tire pas de conclusion sur Liège, mais qu'il n'est pas rentable d'y produire pour l'instant.
Fin septembre, ArcelorMittal a confirmé vouloir accélérer le processus de concentration de ses sites jugés les plus rentables. Mais encore faut-il donner les moyens aux unités de production d'être rentables !


Plus le temps passe, et plus grands sont les risques.


Et face aux questions essentielles qui se posent, la direction ne s'exprime que très peu, maintenant de la sorte un climat d'incertitude totale.
La fermeture temporaire est-elle vouée à devenir définitive ? Veut-on rapatrier la production d'acier dans des sites hors de l'Europe en laissant mourir les haut-fourneaux ? La toute récente annonce d'arrêter le second haut-fourneau de Florange et de prolonger la mise en veille du premier  déjà à l'arrêt  accroît encore la crainte de ce scénario.
Le haut-fourneau 6 est maintenant maintenu à l'arrêt depuis trois ans. Son entretien demande des compétences particulières. Mais plus le temps passe, plus les personnes qualifiées risquent de chercher ailleurs un autre avenir professionnel, car qui peut demeurer aussi longtemps dans une telle incertitude ? Les conséquences en termes de savoir-faire seraient lourdes.


Les travailleurs ont leur outil à cœur !


 Les efforts auxquels ils ont consentis à plusieurs reprises en sont une preuve supplémentaire.
Malgré cela, la vision d'ArcelorMittal ne semble pas aller plus loin que par périodes de trois mois. Il est de plus en plus difficile de parler de vision stratégique dans leur chef...
Il est évident, sur un plan industriel et économique, que Liège doit garder son statut de sidérurgie intégrée. Si le chaud est délaissé, le secteur du froid se retrouve encore plus fragilisé à terme par voie de conséquence.
Les investissements consentis par ArcelorMittal n'ont servi, jusqu'à présent, qu'à maintenir l'outil, à l'entretenir, sans plus. Les investissements d'amélioration de l'outil se font toujours attendre...
Il est grand temps que la direction définisse clairement ses objectifs et ses engagements pour y parvenir. Rappelons que les six premiers mois de 2011 ont permis au groupe Mittal de dégager un bénéfice de plus de 2 milliards et demi de dollars, et que les prévisions annoncent un résultat aussi important pour la suite, et ce malgré la période de crise si souvent mise en avant pour justifier le report des investissements.

 


Monsieur le Ministre,

On ne peut certainement pas accabler les travailleurs qui tirent la sonnette d'alarme depuis déjà bien longtemps. Il est dommage que des actions d'envergure doivent être menées pour que la direction daignent les entendre.

Le Gouvernement wallon, de son côté, n'a jamais cessé de jouer les médiateurs, c'est à souligner, et les efforts que vous avez déployés Monsieur le Ministre, sont à souligner.

Des rencontres ont encore eu lieu la semaine dernière entre la direction et les travailleurs.
Lundi, les discussions, toujours dures,  semblent avoir permis d'obtenir quelques avancées, et la reprise du travail est prévue.
Pouvez-vous nous donner les détails de ces avancées ?

Où en sont les discussions ? Qu'en est-il aujourd'hui de la volonté d'ArcelorMittal quant au  transfert et au reclassement des travailleurs inoccupés par l'arrêt de la phase liquide, du maintien de 2/3 des contrats temporaires ou encore la mise en place d'un programme de formation ? Mais qu'en est-il aussi de la gestion actuelle de rappel systématique des plus âgés et des prépensionnés pour pallier au manque de compétences dû à la vision au jour le jour de la production ?
Comment empêcher l'exode de personnel hautement qualifié ?

Les travailleurs réclament depuis longtemps une rencontre avec les responsables européens du groupe. Il semble qu'ils aient enfin été entendus, et que cette rencontre devienne enfin concrètement  envisagée. Pouvez-vous confirmer que cette rencontre pourra avoir lieu ?

De votre côté, vous vous êtes adressé à Lakshmi Mittal. Qu'en est-il ressorti ?

Quel est le plan industriel du groupe indien ?
Ce plan garantit-il la pérennité de la sidérurgie intégrée en Europe, à Liège et en Wallonie?

Comment assurer la mise à jour technologique des outils pour en assurer l'avenir ?

Comment accompagner les travailleurs de plus en plus précarisés par la situation ?

Comment assurer l'avenir et la rentabilité de la phase à froid, notamment à Flémalle, Yvoz-Ramet et Marchin ?

Les échéances à venir s'annoncent essentielles pour l'avenir. La patience des travailleurs est mise à rude épreuve. ArcelorMittal doit s'engager clairement. Si le groupe se défend d'avoir un agenda caché, il doit traduire cette affirmation par des investissements et un plan industriel solide à long terme.

Alors, à quoi pouvons-nous nous attendre ?

Si des éléments font encore penser que la haute direction du groupe n'a pas encore condamné le site de Liège, si la Région wallonne continue d'être aux côtés de son industrie sidérurgique intégrée, il faut saisir chacune de ces opportunités de se faire entendre. Le Stop and Go ne peut continuer encore et encore sans considération. Des positions claires sont nécessaires de la part d'ArcelorMittal, et il devient urgent de les obtenir.

Je terminerai par rappeler la résolution que notre Parlement a adoptée à l'unanimité en avril 2009.
Celle-ci appelait à « un plan européen ambitieux pour soutenir le redéploiement économique et, dans ce cadre, la pérennité d'un pôle de l'acier ».
Elle précisait notamment qu'il est préférable pour l'emploi et pour le climat de produire de l'acier dans des pays à haut niveau de protection sociale et environnementale. Cette résolution me paraît toujours d'actualité et, comme alors, nous demandons donc au Gouvernement de continuer à prendre tous les contacts et les mesures en ce sens, comme il l'a fait jusqu'à présent.

Je vous remercie.

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23.02.2011

"Voilà les désertificateurs"

 

Communiqué de presse de la FGTB-METAL Arcelor Mittal

 

Nouveau malheur dans le bassin liégeois :

Voilà les « désertificateurs »

 

Un obscur collectif autoproclamé « Collectif HF6 » a, ce lundi, clairement pris position pour que, jamais, le HF6 de Seraing ne soit rouvert, quelles que soient les circonstances économiques. Pour la FGTB-METAL ArcelorMittal c’est, une fois de plus, une agression contre les travailleurs.

 

Sous ce collectif de riverains se dissimulent de vieux ennemis de la sidérurgie liégeoise : libéraux et chrétiens qui, depuis les années septante, s’efforcent de liquider une activité faisant vivre des travailleurs trop mobilisés politiquement ;  et écologistes, idéologues sectaires de la non-industrie que l’on retrouve d’ailleurs ces jours-ci derrière les attaques contre un autre fleuron industriel liégeois, la FN Herstal.


Pour ce « collectif », le HF6 est une épine dans le pied des Sérésiens qui risque fort de s’infecter et de déboucher sur l’amputation du membre en question. Reste que puisqu’on parle de pied, le collectif en question tire une belle balle dans le pied de tous les Sérésiens.

 

Seraing a toujours vécu de la sidérurgie et, celle-ci étant encore promise à un bel avenir technologique, Seraing peut encore vivre longtemps du travail de l’acier. En 2002, quand ce qui était alors le groupe Mittal a annoncé ses projets de liquider la phase à chaud, on a bien vu le cataclysme économique qui s’annonçait, tant pour ce qui concerne les pertes d’emploi (10.000 rappelons-le) que pour les finances publiques de Seraing, ville dès lors promise à la faillite.


Pour empêcher cela, les travailleurs se sont mobilisés. Le combat a réussi. Ce combat impliquait le maintien du chaud, de tout le chaud, y compris donc les deux hauts fourneaux. Et cela reste l’objectif, puisque, malheureusement, les circonstances économiques ont conduit à la remise à l’arrêt du HF6, brièvement relancé. Il est d’ailleurs piquant de constater que les pseudo-riverains (deux sur quatre d’entre eux habitent loin du HF) se plaignent d’un outil qui n’a jamais aussi peu pollué.

 

La FGTB-METAL ArcelorMittal n’a jamais varié : nous voulons qu’à Seraing fonctionnent les deux hauts fourneaux. C’est la garantie « en acier » du maintien, à Liège, d’une sidérurgie intégrée, froid et chaud ensemble.

 

Le « collectif » prétend que l’emploi n’est qu’un bouclier empêchant toute discussion. Quel mépris pour les travailleurs ! Le « collectif » suggère d’installer le Trilogiport à Seraing plutôt qu’à Hermalle. En transférant aussi le Comité de riverains qui, à Hermalle, proteste contre le Trilogiport ? Cette attitude n’est en fait que la crispation individuelle de nantis qui ne voient que leur intérêt, et tentent d’utiliser leur égoïsme à des fins politiques.

 

 

Bien sûr que l’activité économique doit être encadrée. Bien sûr qu’elle ne doit pas se faire à n’importe quel coût. Bien sûr qu’il faut tenir compte des questions environnementales et de sécurité. Les travailleurs sont les premiers à le savoir, ne serait-ce que parce qu’ils sont les premiers concernés, étant en permanence dans les usines et pas dans un salon sur les hauteurs de la ville. La FGTB y veille, comme ArcelorMittal et les autorités publiques. D’énormes progrès ont été réalisés ces dernières années, et cela n’a rien à voir avec la baisse de l’activité économique.

 

Le « collectif » est un groupuscule d’inconscients. La FGTB-METAL ArcelorMittal veut interpeller tous les Sérésiens : veulent-ils des revenus, des emplois, du travail ? Ou la soupe populaire servie dans les halls des usines désaffectées ?

Nous préférons voir quatre habitants mécontents quitter Seraing plutôt que d’enregistrer quatre mille chômeurs de plus dans les statistiques. Et nous n’hésiterons pas, avec tous nos moyens, à le rappeler en temps utile à tous les habitants de Seraing et des autres communes, tout aussi concernées.

 

Pour la FGTB-METAL ArcelorMittal,

Jean-Luc Rader, Secrétaire régional.


 

 

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Quelles perspectives de relance pour Arcelor Mittal?

Monsieur le Président, Monsieur le Ministre, chers collègues,

 en novembre 2010, Arcelor Mittal avait annoncé la fermeture temporaire de plusieurs lignes de la phase à froid. Je vous avais interrogé à ce sujet. Cinq cents travailleurs allaient être touchés par le chômage technique ou le reclassement.

La décaperie-laminoir de Tilleur, deux lignes de galvanisation de Flémalle, le fer blanc, la ligne de peinture de Ramet, étaient concernés.

Aujourd'hui, les nouvelles semblent soudainement meilleures.

Ainsi, on apprend par communiqué que ces arrêts temporaires sont postposés en fonction de la discontinuité de la fourniture de matière première qui modifie certains flux de production. On parle notamment là de l'Australie et des inondations qui ont touché les mines de charbon.

Dans le chaud, le train à large bande de Chertal tournera, quant à lui, avec quatre équipes dès avril, au lieu de trois actuellement, tandis que le haut fourneau B d'Ougrée fonctionnerait à plein régime.
Si ces annonces sont de très bonnes nouvelles, il convient de disposer de davantage de précisions. En effet, il est aussi inconfortable pour les travailleurs d'apprendre un jour que leur outil va être à l'arrêt, puis finalement qu'il va redémarrer, et de se retrouver dans une forme d'incertitude sur les mois à venir. C'est difficile à supporter.

Les résultats du groupe permettront peut-être d'obtenir plus de précisions, du moins l'espérons-nous.

D'ici là, disposez-vous de plus d'informations à ce sujet, Monsieur le Ministre ?

Pouvez-vous nous apporter des données plus concrètes sur l'avenir des secteurs du froid ?

ArcelorMittal offre-t-il des garanties d'activité  ? Si oui, à quelle échéance ? Jusqu'à l'été  ? Au-delà  ? Des dates peuvent-elles être avancées ?

Par ailleurs, il est toujours question d'externationaliser les services informatiques d'Arcelor Mittal. Qu'en est-il réellement à ce jour ? Dispose-t-on de davantage de renseignements ?

Enfin, on apprend l'association du Centre de recherches métallurgiques avec d'Arcelor Mittal Liège Research pour créer le nouveau pôle de recherche dénommé CRM Group. Il semble que cette association qui rassemblera 230 chercheurs permette d'offrir un panel plus large de services de recherche et développement aux PME wallonnes.

Quelles perspectives réelles sont envisageables dans ce cadre ?

 

La réponse du Ministre Marcourt

 

M. Marcourt, Ministre de l'Économie, des PME, du Commerce extérieur et des Technologies nouvelles. Monsieur le Député, la question que vous me posez est extrêmement importante et il est bien délicat d y répondre de manière certaine puisque vous me demandez d envisager l avenir d'un secteur dans lequel c'est le moins qu on puisse dire nous avons vécu au régime de la douche écossaise.

 

Il est correct de dire que la sidérurgie européenne est très particulière par rapport aux sidérurgies sur le reste de la planète puisque c est quasi la seule sidérurgie qui vit encore à des niveaux inférieurs à 2008 et où le taux de redressement de la consommation d acier est très en retard par rapport aux autres régions de la planète, avec un tempérament sur l Amérique du nord. À la fin de l année 2010, dans le courant du 4e trimestre, il y a donc eu, sur bases de perspectives de consommation d acier, dans le courant 2011, la décision de mise à l arrêt que ce soit de lignes à chaud ou de lignes à froid du groupe Arcelor Mittal. Le région liégeoise n était pas concernée par les  lignes à chaud, mais était concernée par un certain nombre de lignes à froid.


La région liégeoise n'était pas concernée par les lignes à chaud mais était concernée par un certain nombre de lignes à froid. Cela a entraîné au niveau de la direction liégeoise du groupe la nécessité de prendre un certain nombre d'initiative pour anticiper cette décision.


Nous avons aujourd'hui reçu le message que, la consommation d'acier se redressant en 2011, le projet de mise à l'arrêt temporaire de certaines lignes était donc annulé. C'est une bonne nouvelle mais qui n'est pas toujours ressentie de manière positive. On aurait pu s'abstenir de ce « stop and go » si vous me passez l'expression parce que ça met évidemment les travailleurs sous pression et ça induit comme vous l'avez je pense de manière assez judicieuse relevé de l'inquiétude sur les travailleurs.


Il est clair que dans les accords qui ont été pris, la flexibilité est importante mais il est clair aussi que ce genre de décision sur autant de travailleurs et qui induit des modifications structurelles des choses et qui pousse un certain nombre de travailleurs à quitter l'entreprise pose aussi des problème de compétence au sein de l'entreprise. C'est un élément important.


Alors, je ne sais pas si vous êtes au courant, vous qui savez toujours tout sur le moindre détail...
Quand il y a un boulon qui manque, M. Onkelinx me pose une question. On a fait 30 coulées en 24 heures à l'aciérie, ce qui est un record.


Il est évident que nous avons aujourd'hui toujours une réflexion, notamment en termes d'investissement, de volatilité des prix que ce soit des matières premières ou au niveau des commandes. Nous avons participé, au niveau de la Région wallonne à la fusion entre les deux centres de recherche (CRM qui était un centre interentreprises et le centre de recherche d'ArcelorMittal) de manière à lui donner une taille critique plus importante. Nous avons aussi la volonté de continuer à travailler avec ArcelorMittal sur la pérennité. Nous aurons l'occasion d'en reparler.


Il est évident que si la croissance économique pouvait revenir en Europe, les perspectives de stabilité d'un développement économique du site seraient meilleures, à condition bien évidemment et nous travaillons sur ces éléments que les investissements et les dispositifs humains soient mis en adéquation avec les objectifs de l'entreprise.

 

Ma réaction

Simplement, je signale à M. le Ministre que, quand même, en matière de boulons, Arcelor est un boulon important dans l'économie wallonne. C'est une chose. C'est un beau boulon et on espère qu'il va continuer à être huilé pour pouvoir rentrer convenablement dans la pas de vis.


Je ne vous ai pas parlé du haut fourneau. Je me réserve quand même un peu des questions pour dans 15 jours.
Même si à partir du moment où vous parlez de compétences... C'est vrai qu'il y a un certain nombre de travailleurs qui sont des travailleurs extrêmement spécialisés et très performants qui quittent l'entreprise parce que justement il y a de l'incertitude.


En matière d'incertitude, on se pose la question du problème, par exemple, il y avait encore une hausse spectaculaire et exponentielle de la demande, de la réouverture du haut fourneau 6 et du manque de compétence éventuelle pour justement faire tourner ce haut fourneau.


Donc tout ça est très important et je ne manquerai pas, bien évidemment, Monsieur le Ministre, de revenir le cas échéant dans cette merveilleuse commission pour vous poser une question ou l'autre.

Écrit par Alain Onkelinx | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | 15:05 |  Facebook | |  Imprimer |